Partage des actions régionales

ActionsRégionales

En lien avec le scénario 1

1- Développer le tourisme nature, en particulier dans la partie sud de la région

Développer un tourisme doux, de type de celui qui existe déjà autour du vautour dans les Baronnies, qui soit moins saisonnier que le tourisme de masse, avec l’aide financière de la région Rhône-Alpes, pour une mise en œuvre par les communautés de communes et une animation par les PNR.

Au sud de la région (Drôme, Ardèche), l’usage récréatif de la forêt est dominant, l’usage productif passe au second plan. Cette partie de la région remonte jusqu’au Diois, elle comprend une partie de l’Ardèche. De plus, le réchauffement climatique risque dans cette zone de compromettre toute production de bois (d’autant qu’il se cumul avec le risque d’incendie).

3- Mutualisation (« massification » ) de la forêt privée

En forêt privée, les propriétaires sont nombreux et ne connaissent pas toujours la localisation  de leurs parcelles. Pour lever la difficulté de gestion efficace de la forêt privée, il faudrait regrouper les petites parcelles privés. Cette action peut être délicate et difficile à mener. L’Etat pourrait favoriser la mutualisation de la gestion forestière par des actions incitatives et éventuellement par des textes législatifs.

Dans le contexte du scénario prospectif choisi, cela concernerait plus particulièrement le Nord de la région Rhône-Alpes qui permet d’envisager de produire plus, en mobilisant la forêt privée.

2- Création de corridors écologiques

Il s’agit de lutter contre les effets du mitage et de l’urbanisation mal contenue en favorisant les corridors écologiques, en déclinant le SRCE sur l’ensemble du territoire régional. Par exemple, étant donné le vieillissement des chasseurs, le gibier pourra de moins en moins être régulé par cette activité. Les corridors écologiques doivent alors pouvoir permettre la circulation des grands prédateurs (s’inspirer de ce qui a été fait dans le parc algonquin du Canada et à Yellowstone aux USA).

Les conseils généraux pourraient en être les opérateurs.

4- Amélioration biologique des sols forestiers

La région est riche en biomasse. Si on ne l’utilise pas en bois d’œuvre, on peut l’utiliser en BRF (bois raméal fragmenté), c’est des petits rameaux inférieurs à 7 cm qu’on utilise comme un humus pour réactiver l’activité microbienne des sols (assez bon résultats en agriculture). On obtient alors un enrichissement de la fertilité qui est assez rapide mais ne dure pas.

Un deuxième type de fertilisation, c’est-à-dire d’amélioration biologique des sols consiste à mettre du « biochar », c’est-à-dire du charbon de bois. La substance fixe aussi bien l’eau que des nutriments avant de les restituer progressivement dans le sol, contribuant ainsi à restaurer sa fertilité. Rhône Alpes est particulièrement bien positionnée pour le faire pour ses besoins internes. Avec l’aide d’associations et de centres techniques spécialisés, on pourrait aussi alimenter une filière d’exportation vers les pays du Maghreb qui seront encore plus impactés par le changement climatique. Ils auront des problèmes de maintien de la fertilité de leurs milieux, de leurs forêts dont le peu qui reste est menacé de dépérissement.

En lien avec les scénarii 2a et 2 b

1- Education à consommer mieux

L’action la plus en amont serait d’apprendre aux enfants à consommer mieux ! Ce problème de l’intelligence de la consommation est un problème de société qui doit être traité par le politique dans la logique de la transition énergétique : consommer mieux une ressource locale renouvelable. Cette action comme beaucoup d’autres est considérée comme devant d’abord être mise en œuvre à un niveau suprarégional, national, européen.

Régulation par la puissance publique des modes de consommation (appareil législatif, réglementaire)

Par exemple en travaillant sur le regroupement des parcelles en forêt privée (dans la logique des aménagements fonciers, mais en en évitant les écueils ou sous forme d’échanges amiables). C’est une condition nécessaire au « produire plus ».

2- Affirmer le rôle d’exemplarité des acteurs publics dans la consommation des productions locales

Ce rôle doit en particulier s’exprimer dans l’utilisation des bois issus des forêts locales quand les maîtres d’ouvrage sont des collectivités territoriales et des entreprises ou des établissements publics.

Mutualisation de l’exploitation de la forêt privée

3- Réorganisation des filières amont et aval

L’objectif est d’améliorer l’efficacité de la chaîne d’exploitation et de transformation du bois en procédant par mutualisation, association, en ayant aussi le souci de la qualité environnementale. Il faut aller vers une chaîne « globale » efficace sur le plan de la transformation du bois, mais aussi des autres services écosystémiques de la forêt et de l’utilisation du bois (qualité d’exploitation, transport, qualité de l’air, de la construction…).

Il faut faire en sorte que tous les acteurs de la filière se parlent. Il y a notamment une vraie marge de progression en termes de valorisation des bois locaux, puisqu’aujourd’hui on exporte essentiellement des grumes…

Ce dialogue devrait avoir lieu à l’échelle des territoires locaux, entre filières amont et aval, mais il est nécessaire à toutes les échelles territoriales. Il s’agirait de reprendre l’organisation de la filière à toutes les échelles territoriales, en particulier à l’échelle régionale.

Pendant la rédaction des fiches (table jaune) la discussion a fait émerger les pistes d’action suivantes qui n’ont pas été écrites comme actions, soit par manque de temps, soit par manque d’adhésion des participants du sous-groupe :

–        gérer de façon équilibrée l’exploitation du bois énergie et du bois d’œuvre de façon différentielle selon la localisation de la forêt ;

–        prendre en compte les forêts collinéennes feuillues et autres espaces interstitiels ;

–        créer des zones de wilderness (« naturalité » ) sur des surfaces conséquentes, (du « vrai 2% » de forêts en libre évolution), avec un statut fort de protection dans une dynamique qui dépasse l’affichage actuel en wilderness de ce qui n’est plus exploité pour des raisons techniques ;

–        limiter la périurbanisation ;

–        relocaliser sur les territoires ruraux les gens avec des emplois durables basés sur des activités viables ;

–        amener les moyens des villes vers les campagnes pour notamment y conserver les services.

 

En lien avec le scénario 3

1- Diffuser les bonnes pratiques professionnelles pour la prise en compte de la biodiversité (dans les labels, par exemple)

Les coûts de prise en compte de la biodiversité qu’elle génère sont à intégrer dans un prix sociétal (cf. loi sur l’eau, TDENS,…). L’action serait mise en œuvre par les exploitants, elle correspond à une demande du public.

L’incitation devrait se faire à l’échelle de l’Europe.

2- Mobiliser les investisseurs autour d’une filière certifiée par le Massif

Cette action concerne la première et la seconde transformation. Elle  vise à encourager et développer la certification de type « bois des Alpes », « bois de Chartreuse », « bois du Jura », donc toutes les certifications de provenance locale du bois. Un accompagnement par la  région est à imaginer. Les collectivités territoriales devraient commencer par s’engager à utiliser les ressources de proximité pour susciter des investissements productifs significatifs. L’action concerne  les régions Rhône-Alpes et PACA.

3- Adapter la forêt au changement climatique

Il faudrait essentiellement réaliser des animations de sensibilisation dans tous les secteurs concernés par la forêt (filières, enseignement). Une question est restée sans réponse : La problématique concerne-t-elle de la même façon les forêts de feuillus que de résineux ?

4- Mobiliser plus de bois en forêt privée & Création d’un office régional des forêts chargé de gérer les forêts publiques et privées non gérées

Dans le contexte du scénario, on pourrait imaginer en 2050 la création d’un office régional des forêts qui serait chargé de la gestion des forêts publiques mais aussi de la gestion des forêts privées qui sont actuellement non gérées, parce que trop petites, parce qu’inaccessibles, parce que les propriétaires sont inconnus, parce que ce sont des biens sans maître, etc.

On pourrait s’inspirer des procédures qu’on connait en agriculture sur les terres incultes et les biens sans maître, etc.

5- Taxe régionale pour les services écosystémiques

On peut tout à fait imaginer une écotaxe non pas nationale mais régionale ou les deux, sur incitation de l’Europe. Faire payer au consommateur d’eau, d’air, de biodiversité, les services écosystémiques produits, en particulier tous les services produits par la forêt, sous forme de taxe. Celle-ci alimenterait le fonctionnement de cette forêt et donc de la filière. On commence doucement à mettre en place avec la région un tel dispositif sur le carbone. Pourquoi ne pas financer la protection des forêts de cette façon ? Pourquoi ne pas alimenter un fond régional carbone-forêt-bois ?

Cette proposition d’action sur le paiement pour services écosystémiques suscita un débat dont voici les principaux termes :

Opposant : il faut faire payer les autres sources de carbone. Il ne faut pas faire payer ce qui est gratuit. Il faut faire payer l’extraction et l’usage de l’énergie fossile. Il faut faire payer les déplacements, etc.  Ainsi, il sera possible de profiter  des ressources naturelles.

Tenant de l’action : la forêt produit des aménités, qui pour l’instant sont effectivement gratuites pour tout le monde, alors que la gestion forestière est payée par un petit nombre.

6- Favoriser l’ingénierie sur le bois régional en créant une  école régionale des bois

Former au niveau régional en Rhône-Alpes des ingénieurs bois qui puissent s’investir dans la première transformation ou la deuxième transformation concourant à générer de la valeur ajoutée sur ces bois locaux.

7- Encourager l’innovation

L’objectif est d’utiliser les bois locaux en trouvant des modes de valorisation nouveaux. Pour ce faire, il est nécessaire d’accompagner la filière  en finançant avec de l’argent public, des techniques, des procédés industriels qui soient innovants et permettent cette valorisation.

8- Lutter contre le bois exotique  illégal

Faire en sorte que le bois qui arrive en Europe d’un peu partout dans le monde soit légal. Il faudrait prendre des mesures contraignantes dans le sens d’une directive de l’union européenne qui vient juste d’être mise en avant.

___________________________________________________________________

Deux nouvelles actions-idées sont émises au cours de la discussion qui suivit la restitution des travaux en sous-groupes :

Promouvoir et mettre en œuvre des pratiques sylvicoles favorables à la biodiversité

Cela nécessite d’organiser la concertation entre tous les usagers de la forêt pour déterminer l’ensemble des enjeux locaux et supra locaux avant de définir le type de sylviculture et plus globalement la gestion forestière à mettre en œuvre.

Une interrogation porte sur pourquoi la sylviculture, grand sujet de réflexion au XXe siècle, n’est plus aussi prégnante dans le débat ?

Repenser la gouvernance des territoires par rapport à la gestion forestière

La charte forestière de territoire est généralement le seul outil qui existe au niveau local pour travailler de façon transversale. Pour une gestion intégrée de la forêt, à toutes les échelles territoriales, il faut comme pour une charte forestière de territoire trouver le moyen de travailler de façon collaborative avec les propriétaires, les forestiers, les collectivités mais aussi tous les groupes d’usagers, les associations écologistes, les chasseurs, etc., de façon à prendre en compte les enjeux dégagés à la croisée des différentes dynamiques du territoire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>