Scénario 1

Vers une spécialisation des massifs mais une solidarité régionale avec des communautés urbaines multifonctionnelles

 

Scénario_1

Scénario 1 : Scénario régional tendanciel

L’exposition climatique, s’organise selon un gradient Est-Ouest (noté sur la carte Ski)  qui serait un attracteur touristique mais aussi un important facteur de structuration des milieux naturels. En effet, le relief s’organise avec des dénivelés d’altitudes importants à l’est et des milieux plus collinéens, de type montagnards moyens, à l’ouest.

Le soleil est l’autre grand attracteur avec un tropisme méditerranéen.

Ces deux axes  permettent de découper la région Rhône Alpes en quatre grands quartiers.  La constante dans chacun de ces quartiers, est le phénomène de métropolisation qui se manifeste en particulier par une tendance à la multifonctionnalité. Les villes se rendent multifonctionnelles, elles intègrent progressivement la biodiversité. Par exemple, en ce moment à Grenoble, on élève des ruches sur les toits de la mairie et un peu partout en ville (en ce moment, c’est à Paris, qu’il y aurait le meilleur miel)! Outre la biodiversité qui devient une préoccupation urbaine la ville de préoccupe aussi de sport, de modes de déplacements doux (vélo), de la culture, etc.

La ville devient multifonctionnelle, mais avec le paradoxe que la campagne se spécialise. Le gradient climatique devient structurant sur les activités. A mesure qu’on descend au sud, la multifonctionnalité traditionnelle de l’espace rural s’estompe, au profit d’une spécialisation. En particulier pour ce qui concerne la forêt : les fonctions de la forêt du sud s’orientent davantage  vers les externalités (activités récréatives, loisirs) plutôt que sur la production.

Dans le quartier Sud Est, ces services récréatifs sont fortement connectés avec l’activité touristique, mais ils sont vulnérables. Ils le sont en grande partie à cause du changement climatique. En effet, à l’heure actuelle, on ne sait pas qu’elles vont être à terme, les essences objectifs[1], par conséquent, on risque de ne pas avoir d’essence objectif à un moment donné de la gestion sylvicole. Cela risque de générer pour les communes forestières, d’importants problèmes pour assurer le maintien forestier. Du fait de ces spécialisations, il faudra alors faire jouer ce qu’on a appelé la deuxième dimension, c’est-à-dire la solidarité régionale, si on veut que la région puisse conserver une approche territoriale cohésive.

Si on parcourt ces grands quartiers de l’est à l’ouest puis du Sud au nord, au Sud-Ouest, on constatera une certaine vulnérabilité associée à une petite résilience forestière liée au massif ardéchois du Massif Central. Du côté de Millau (quartier Nord-Ouest), les enjeux forestiers sont moindres, la multifonctionnalité est ici plus ancrée. Dans le quartier Nord-Est, on a plutôt une tendance au maintien de la productivité forestière ; la forêt conserve un enjeu de production.


[1]  Essence objectif : Essence principale d’un peuplement forestier, bien adaptée aux conditions de sol et de climat et permettant de remplir les objectifs de production fixés. Les interventions sylvicoles seront réalisées en priorité à son profit ;