Jeux de gouvernance

L’analyse des différents entretiens réalisés, du côté de Saint-Flour comme de Brioude, nous a donné le sentiment d’une absence de liens ou de projets communs, voire une méconnaissance des actions entreprises, entre les divers acteurs du développement territorial. Il est à noter afin de nuancer le propos, que cela peut être dû au fait que nos questions ne ciblaient pas spécifiquement cette thématique.

Certaines personnes interrogées n’ont mentionné aucun acteur du développement territorial ; la majorité les cite, sans pour autant évoquer les partenariats mis en place ; d’autres soulignent un manque de relations, voire des conflits entre acteurs (avec le monde associatif par exemple).

Peu de partenariats sont évoqués, y compris entre acteurs similaires (entre communautés de communes par exemple). Les liens entre acteurs évoqués et mis en place le sont souvent du fait d’un intérêt commun, ou pour traiter une thématique spécifique, le plus souvent en cas de situation conflictuelle : urbanisme (partenariat DDT Cantal/CAUE par exemple), consommation d’espaces agricoles…

Alors que les parcs naturels régionaux (PNR) bénéficient d’une implantation forte sur le territoire (le PNR des volcans d’Auvergne et le PNR du Livradois-Forez couvrent chacun une partie de celui-ci, et deux nouveaux PNR sont en projet sur le territoire), ils sont peu cités par les acteurs. Certains évoquent une absence de relation avec les parcs, d’autres l’envisagent comme de simples éléments de structuration du territoire par exemple. De plus, leur rôle de valorisation de l’image du territoire  (en tant qu’enjeu pour l’accueil de nouvelles populations et le tourisme) est souvent le seul cité : peu d’acteurs évoquent ainsi le PNR comme un véritable territoire de projet (ce qui correspond pourtant à sa vocation première).

Certains partenariats informels ont aussi été mentionnés ; ils dépendent des structures considérées, mais aussi des équipes au sein de celles-ci qui peuvent avoir plus ou moins d’affinités avec les partenaires institutionnels (liens entre communauté de communes et chambre d’agriculture par exemple).

Le manque de dialogue constaté entre acteurs du territoire peut s’expliquer par le morcellement du territoire en communautés de communes nombreuses de taille réduite, ainsi que par la multiplicité des acteurs présents sur le territoire, qui traitent de thématiques diverses et le plus souvent de façon sectorielle.

Certaines habitudes de partenariats existent cependant entre les acteurs de la formation, ou encore à travers la mise en place du réseau de villes Brioude-Issoire-Saint-Flour par exemple. Dans le secteur du tourisme, l’agence locale du tourisme (ALT) qui regroupe six communautés de communes, permet l’adoption d’une stratégie commune pour les offices de tourisme ainsi qu’une mutualisation des moyens de ceux-ci.

A l’avenir, la fusion possible de communautés de communes, dont fait partie celle du Brivadois permet d’illustrer cette volonté de mise en synergie et de coopération entre les acteurs du développement territorial sur le territoire.