Mobilités et accessibilité du territoire

Lors de nos entretiens, de nombreux acteurs nous ont affirmé que la mobilité était un enjeu important pour leur territoire. En effet, la grande majorité des personnes interviewées ont relaté un manque de mobilité de la part des populations. Nous avons donc cherché à savoir si cela était lié à une moindre accessibilité des territoires de Saint-Flour et Brioude.

Plusieurs axes structurants sont présents sur le territoire. L’A75, colonne vertébrale desservant Saint-Flour et Brioude (ce premier bénéficiant d’une liaison directe avec l’autoroute) rend néanmoins le déplacement Est-Ouest potentiellement moins évident pour les habitants du territoire. De plus, elle accentue la polarisation du territoire vers Clermont-Ferrand.

Des alternatives ont cependant été développées, telles que des aires de covoiturage plus ou moins informelles, ou des systèmes de transport à la demande (mis en place dans huit EPCI du Pays de Saint-Flour Haute Auvergne, et dans trois EPCI du Pays de Lafayette) par exemple. Le programme Colibri, un système de taxi à disposition des habitants quatre fois par mois sur leur bassin de vie (dans le Pays de Lafayette), suscite l’attention de plusieurs EPCI qui espèrent adopter le système.

Conscients de l’enjeu pour le développement rural que peut représenter la mobilité, les départements ont mis en place avec les autorités organisatrices des transports (AOT), des aides visant à favoriser les alternatives au « tout-automobile » sur le territoire. La lisibilité de cette offre, ainsi que la coordination entre les AOT, constituent un enjeu pour le développement de ces alternatives, qui devraient être regroupées au sein de la plateforme de mobilité régionale « Auvergne mobilité ». De plus, une réflexion portant sur les alternatives à la mobilité individuelle et/ou la non-mobilité semble aussi nécessaire. Des solutions se développent, outre le covoiturage, comme l’auto-partage, le télétravail (bien représenté sur le territoire du Cantal), ou encore les services de livraison à domicile par exemple.

Enfin, la question de la mobilité touche aussi à la psychologie et aux habitudes des habitants du territoire, peu enclins à se déplacer. Elle est en lien avec des enjeux divers, aussi bien d’accès à l’emploi, à la santé, à la formation, à l’éducation, aux loisirs mais aussi de création de lien social entre les habitants.

Le manque de mobilité cité par les acteurs rencontrés est donc lié à des difficultés de coordination et de communication des TC sur ces territoires, mais aussi à une culture de la mobilité moindre chez les habitants. Un accompagnement de la part des politiques publiques et de structures telles que les centres sociaux ou les missions locales constitue donc une possibilité de développement de la mobilité sur le territoire, en particulier chez les populations les plus défavorisées.

Carte mobilité

Le chemin de fer ne relie pas directement Saint-Flour à Brioude, ce qui n’est le cas d’aucun transport en commun  (TC), démontrant une fois de plus le manque de cohérence entre ces deux espaces.

Il existe tout de même des offres non négligeables de TC, à l’intérieur du cadre des deux départements.